Les essentiels à connaître pour restaurer une moto après une chute

Une seconde d’inattention, une route glissante ou en mauvais état, une erreur d’un autre usager… pas de chance, votre moto s’est retrouvée à terre.

Avant de reprendre la route, prenez le temps de vérifier l’état de la bécane. Même si le choc n’est apparemment pas grave, votre bolide en a peut-être pris un coup. Vérifiez rapidement le guidon et les leviers de commande.

Regardez s’il n’y a pas de fuite au niveau du moteur, du système de freinage et d’embrayage. Repérez les éventuels dommages et assurez-vous de pouvoir ramener la moto chez vous en toute sécurité. Si les dégâts sont importants, il est préférable de faire appel à un dépanneur.

Une fois chez vous, examinez la moto en détail pour évaluer les dommages et avoir une idée des réparations nécessaires et du budget requis.

Repérer et évaluer les dégâts

Ne vous laissez pas impressionner par l’état de la bécane, les dégâts peuvent être superficiels. Pour identifier les pièces endommagées, il faudra réaliser quelques tests et démonter la moto. 

Commencez par les pièces d’habillage. Désassemblez le carénage pour bien distinguer les parties touchées et avoir une idée du traitement à leur réserver. Vérifiez également les clignotants, les phares, les rétroviseurs, les béquilles, le réservoir, sans oublier les éléments de sellerie et de bagagerie. 

Après une chute, certains dommages peuvent passer inaperçus. Ils mettent pourtant en péril votre sécurité, surtout quand ils concernent les pièces de structure. Des contrôles s’imposent alors pour les déceler. Il s’agit de tests simples que vous pouvez vous-même effectuer.

Pour ce faire, calez la moto sur la béquille centrale. En vous mettant sur le côté, observez les reflets de lumière sur les tubes plongeurs. Normalement, ils doivent rester parallèles. Le cas contraire révèle un défaut de parallélisme. C’est-à-dire qu’un tube est tordu ou la fourche est faussée.

Sur les motos tout-terrain, avec des suspensions à grands débattements, il se peut que la bécane soit vrillée sur elle-même. Dans ce cas, rajustez la fourche en tirant sur le guidon après avoir légèrement desserré les tubes dans les tés et en prenant soin de bien bloquer la roue avant entre vos genoux. N’oubliez pas de bien resserrer les tés ensuite.

Les roues de la moto peuvent aussi avoir souffert de la chute. Pour en avoir le cœur net, placez la moto sur la béquille centrale. Vérifiez si elles ne sont pas voilées en les faisant tourner. Inspectez également les rayons et les jantes. Une réparation ou un remplacement s’impose en cas de déformation ou fissure.

Détaillez aussi les pneus. Regardez bien sur les flancs et la bande de roulement pour déceler d’éventuelles hernies ou coupures profondes.

Une chute peut parfois endommager les disques de frein. Pour le vérifier, faites tourner les roues et appuyez en même temps sur le levier, si celui-ci frétille sous la pression, c’est que le disque est voilé. Surtout, ne négligez pas ce problème. La partie voilée peut endommager les plaquettes à chaque tour de roue et fausser l’appui de l’étrier. 

Vérifiez également le serrage de la boulonnerie de fixation, les étriers et les durites. Assurez-vous que rien n’a été touché lors de la chute. Au moindre doute sur leur état, il vaut mieux réparer.

Enfin, si le choc a été violent, jetez un œil à la jonction de la colonne de direction sur les tubes du cadre. La présence de traces de peinture sur la partie soudée laisse à penser que le métal s’est déformé. Il convient dans ce cas de contrôler la géométrie du cadre. Il se peut qu’elle soit faussée.

Un autre test consiste à vérifier l’alignement des roues. Pour ce faire, mettez la moto sur béquille centrale, puis à l’aide d’une cordelette tendue le long des roues, observez si l’alignement est droit.

Faut-il réparer ou remplacer les pièces endommagées ?

Les dépenses de restauration de la moto peuvent être plus ou moins élevées en fonction de la gravité des dégâts. Pour réaliser des économies sans pour autant mettre en péril votre sécurité, vous pouvez choisir de réparer certaines pièces.

Les férus de bricolage n’auront aucune difficulté à repeindre ou à remettre en état les pièces d’habillage endommagées en suivant les guides vidéos de masticage et de maniement de fibre et de résine disponibles sur le web.

Vous pouvez aussi confier la réparation de certains éléments à des professionnels. Cela concerne le réservoir, le radiateur, ou encore les carters par exemple. C’est moins cher que d’acheter des pièces neuves ou d’occasion.

Quant aux éléments qui assurent la tenue de route de la moto comme les jantes, la fourche, le cadre, etc. Des artisans spécialisés sont aujourd’hui capables de redonner à ces pièces leurs côtes d’origine.

Pour les pièces sérieusement endommagées, où il n’y a vraiment plus rien à faire, les pièces d’occasion offrent une solution avantageuse. Restez toutefois vigilant sur leur qualité pour éviter les mauvaises surprises.

Il est notamment préférable d’acheter vos pièces d’occasion auprès d’une casse moto ou d’un revendeur professionnel pour éviter de se retrouver avec des pièces inadaptées, défectueuses, de mauvaise qualité, des contrefaçons ou, pire, des pièces volées. 

Sur des sites comme la Casse de l’oncle Tom, vous pouvez trouver des pièces de seconde main de qualité, vendues avec garantie, à des prix compétitifs.

Si la réparation de la moto nécessite un grand nombre de pièces, une astuce consiste à acheter directement une épave du même modèle dans une casse moto. Vous pouvez alors récupérer les éléments dont vous avez besoin pour remettre en état votre monture. Cette opération coûte moins cher que d’acheter les pièces une à une.

Faire marcher l’assurance

Si la chute est intervenue dans le cadre d’un accident, il faut savoir que l’assurance responsabilité civile ne couvre que les dommages causés aux tiers si votre responsabilité est mise en cause.

En revanche, elle couvre la réparation intégrale de la moto si vous n’êtes aucunement responsable de l’accident. En cas de responsabilité partagée, vous bénéficiez d’une indemnisation partielle.

Le calcul du montant d’indemnisation s’effectue notamment sur la base de la valeur de remplacement du véhicule, c’est-à-dire du prix d’occasion d’une moto du même modèle et de même état.

Pour bénéficier de la prise en charge, pensez à dresser un constat de l’accident et à le communiquer à la compagnie d’assurance dans les cinq jours.

Une fois informé du sinistre, l’assureur mandate un expert pour constater les dommages et vérifier leur concordance par rapport à la déclaration de l’accident. Il établit également les possibilités de réparation de la moto et en détermine le coût.

Si l’expert estime que la moto est réparable, vous pouvez soit, la faire réparer directement et demander ensuite un remboursement à la compagnie d’assurance ; soit, régler la franchise et demander à l’assurance d’avancer les frais de réparations.

Dans tous les cas, vous êtes libre de choisir un réparateur. L’assureur n’a pas le droit de vous imposer un garage.

Si l’expert estime que la moto n’est pas réparable, c’est-à-dire que la moto est complètement détruite ou que son coût de réparation est supérieur à sa valeur avant l’accident, l’indemnisation est alors calculée sur la valeur de remplacement à dire d’expert (Vrade).        

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