[Rétro] Peugeot 205 : De Merguez à Idole des jeunes

GTi 1.9

Peugeot 205. Juste le nom fait vomir, mais il n’est pas question ici de reflux gastro-œsophagiens dues à un art culinaire mal digéré mais bien de tambouille « à la bonne franquette » comme on en fait plus et qui deviendra la joie des tuners et prédisposée à faire le bonheur des collectionneurs de youngtimer.

Car il faut savoir que dans la tronche des mecs de chez Peugeot, outre la quantité d’eau tiède non-négligeable, germe l’idée de battre Renault sur le segment des citadines avec autre chose que l’infâme 104, qui n’a fait que promouvoir les Village People lors de leur tournée mondiale en 1978.
Or, pour concurrencer le bout de chou qu’est la R5, il va falloir faire preuve de… Non, pas de créativité, vous en demandez trop, mais de « copyisme » primaire à la chinoise! D’ailleurs, Jean Boillot alors numéro 2 de chez Peugeot, avait été très clair : « Si nous ne réussissons pas cette voiture, nous sommes morts!» Encore eût-il fallu savoir faire un suicide à la France Télécom…

Dès lors, la pression est mise sur le bureau d’étude et de style (Si c’est pas honteux un nom pareil vu le manque d’élégance de la gamme d’alors… Repensez à la 604…) et Gérard Walter se lance donc dans une ébauche.. de style après avoir ingurgité une bonne rasade de Mezcal, avalant le ver en premier pour bien profiter de ses effets hallucinatoires. Voici donc que le projet « M24 » est présenté en 1977 :

Maquette 205 1977

Vous noterez en arrière plan, à travers la vitre, la présence d’une Renault 14… Ca se passe de commentaire!!

Oser ça sur une base de 104/LNA, il fallait avoir apprécier les produits de la nature sud-américaine

Oser ça sur une base de 104/LNA, il fallait avoir apprécier les produits de la nature sud-américaine

De l’avis même du styliste, « Nous avons fait encore pas mal de bêtises avant, mais là, si ça passe, je m’envole pour la Colombie et je deviens le nouvel Escobar! ». Dans son idée, vient aussi le fait de déplacer la roue de secours afin de pouvoir réarranger la ligne global, et ainsi baisser la hauteur de la voiture. Fini donc cette roue de réserve sous le capot, elle sera mise à l’arrière dans le plus pur style sodomite, bien au fond sous le plancher.

Proto M24

Prototype M24 au sortir de l’usine de Sochaux

Peugeot étant alors au bord du gouffre, le projet M24 est crucial pour la marque, afin de relancer les ventes en touchant d’autres secteurs que celui du Marais, au combien si cher au coeur et au cul des Peugeotistes d’alors, qui s’y retrouvent presque tous les soirs pour fêter le renouveau de Sodome et Gomorrhe sur les banquettes arrière en mousse des 504!

Friand de jeunes minets éphèbes, le bureau d’étude décide donc de lancer la production après l’arrivée des socialistes au pouvoir car, nous en avons à nouveau la preuve depuis 2012 : « Quand les socialos sont là, penche-toi et tu l’auras! »

C’est donc en 1982 à l’usine de Sochaux qu’est fabriquée celle qui permettra à la firme au lion gay de pouvoir redresser la barre… des finances. Ce sont bien sur des moteurs codés « X » de la Française de Mécanique qui équiperont ces mini-étrons pour concurrencer la future Super5. L’enthousiasme est flagrant et l’engouement proche de l’orgasme lorsqu’est dévoilé celle qui deviendra un « Sacré Numéro »

Présentation de la lioncelle en 1983

Présentation de la lioncelle en 1983

Et dire que c'est Paul Bracq, grand dessinateur de Mercedes et BMW, qui créa ce tableau de bord immonde et fade

Et dire que c’est Paul Bracq, grand dessinateur de Mercedes et BMW, qui créa ce tableau de bord immonde et fade

« Je te donne 3 secondes, je dis bien 3 secondes pour me retirer ce putain de sourire de ta gueule de con, ou je te dévisses la tête, et je te chie dans le cou! »

Dans la foulée, se rendant compte qu’il fallait viriliser la belette, on greffe une injection sur le bon vieux XU 1600 et on proclame l’avènement de la GTi. 115 fauves sous le capot, de quoi mettre un tigre dans votre moteur! Mais Peugeot ne s’arrête pas là et va maintenant marcher sur les plates-bandes de Renault, en continuant son plagiat sur la scène internationale qu’est le Rallye.

Ca facilite le transit...

Ca facilite le transit…

La T16 est donc dévoilée en grandes pompes, mais, contrairement à sa devancière, elle inaugure les 4 roues motrices, ne pouvant rester stable et parfaitement civilisée comme son aînée en propulsion.

Avec un peu de gonflette, une carrosserie en fibre et Kevlar

Avec un peu de gonflette, une carrosserie en fibre et Kevlar

Alors qu’en 1985 Timo Salonen écrase la concurrence en Rallye et devient Champion du monde au volant de la lionne déplumée, Peugeot dégueule sa millionnième 205 des chaines de l’usines de Mulhouse. On en profite alors pour développer un peu plus la brêle en passant la GTi en 1.9l 130cv et, en souvenir de la grande Dudule du bois de Boulogne, on sort également une version décapotée.

Enivré par tant d’allègresse, leur souhaitant une bonne année, bonne santé, plein de bonheur et de joie dans ta soeur, l’équipe Peugeot demande à Durisotti et Gruau, deux societés de carrosserie spécialisées dans le développement de solution sur base de véhicules existant, de sortir une version fourgonnette, là encore en pompant la recette à succès de Renault avec ses Super5 et Express.

Pas encore appelée "F" pour "Fourgonnette", voici la "205 Multi"

Pas encore appelée « F » pour « Fourgonnette », voici la « 205 Multi »

Avide des retombées médiatiques que lui procure les résultats en rallye et les ventes vertigineuses jamais connues par la marque au Lion, Peugeot qui a maintenant de la thune plein les poches, décide d’exporter encore plus son produit, jusqu’en Amérique du Sud (Tiens, surement sur les conseils de Gérard Walter, alors dessinateur de robe pour hommes au Guatemala), afin de pouvoir bénéficier d’une main d’oeuvre locale payé en feuille de Coca et, par la suite, produire la remplaçante de la 205, celle que l’on appellera par manque d’idée la « 206 » et qui battra alors les records de ventes de son ainée, surement grâce aux sièges fait à base de chanvre!

Peugeot continue donc son aventure avec un restylage léger, quelques options, une diéselisation pour que les ploucs puissent rouler à 4.5l/100km avec ce délicieux nectar nauséabond et ce jusqu’en 1998, où elle tirera enfin sa référence après 15 ans d’exploitation et 5 278 300 exemplaires.

Quand on parlait de restylage, c'était juste pour des clignotants blancs

Quand on parlait de restylage, c’était juste pour des clignotants blancs

 

crédit photos

oupsdesign.blogspot.fr

guide-des-gti.fr

automobile.challenges.fr

Wikipédia

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