Golf 1 : Superstar malgré elle.

Qu’est-il passé dans la tête de Volkswagen à la veille du premier choc pétrolier? Tendances suicidaires ou abus de boisson à base de malt de houblon au lendemain de l’Oktoberfest de Munich?
Un dirigeant revenait-il d’avoir rempli 18 trous et s’apprêtait-il à jouer au Golf, d’où le nom donné à cette micro-chiotte? C’est ce que nous allons essayer d’élucider aujourd’hui.

Pleure pas biquette, on va bien te traiter!

Pleure pas biquette, on va bien te traiter!

Les Débuts (de soirée)

Nous sommes en 1969 et Volkswagen se sent désireux de marquer la rupture d’avec la Coccinelle emblématique et ses dérivés tels les Karmann Ghia ou plus utilitaires « Transporter T1 ».
Les dirigeants font donc appel au jeune et hédoniste Giorgio Giugiaro pour développer une trapanelle bicorps à hayon. L’italiano étant adepte du cubisme façon Picasso, il se lance donc dans la reproduction sur papier du dernier pack de piquette frelatée 12° de Bercy reçu à l’occasion de son dépucelage par la Grande Dudule du Bois de Boulogne. Il y rajoute des phares ronds pour casser le style afin de faire ressembler la face avant à celle de sa belle-mère d’alors.

En Mai 1974, la présentation officielle de la Golf première du nom ne soulève ni les jupes ni l’enthousiasme des clients et journaleux de l’époque. En effet, nous sommes moins d’un an après le premier choc pétrolier et cette brique symbolise à merveille l’austérité que va traverser le monde industriel pendant quelques années. Mais le pire des sacrilèges ayant été d’abandonner le « tout à l’arrière » comme l’aimaient les girondes et coquines allemandes de l’époque pour la traction à moteur avant, sans parler du fameux 4 à plat « flap-flap-flap » qui devient un 4 en ligne sans originalité. Cette motorisation se voit de plus octroyer un refroidissement liquide, totalement nouveau pour la marque qui découvre à ce moment-là d’autres joints que ceux de Marie-Juana.

Le fameux 1100 boite 4 développant 50 poneys hystériques

Le fameux 1100 boite 4 développant 50 poneys hystériques

Concentré dans 3.70m, le futur acquéreur ne devra pas avoir les épaules trop larges pour enfiler cette citadine nouvelle. Manquant cruellement de « sex à piles », elle possède néanmoins un certain sens des commodités avec un ensemble « compteur-montre » pour ne pas arriver en retard à certains rendez-vous galants et ainsi pouvoir cacher cet étron dans une ruelle sombre afin de ne pas faire fuir Alberto Sancho Ramirez, le travesti avec qui l’on va pouvoir batifoler dans les pissotières du Marais.

Ne pas vomir, ne pas vomir, ne pas vomir... Trop tard!

Ne pas vomir, ne pas vomir, ne pas vomir… Trop tard!

Le temps passe et deux ans plus tard, par Dieu sait quel miracle, la Golfounette passe le cap du millionième modèle produit.

La GTi : Anes batés contre poneys lymphatiques

Qui va là j'te prie?

Qui va là j’te prie?

C’est alors qu’un jeune ingénieur intrépide et avide de sensations fortes, décide de créer la GTi, en ayant assez des version 1.1 et 1.5, développant chacune 50 et 70 poneys anémiques.
Il bricole dans son coin initialement une version à double carbu et ligne d’échappement plus libre qui, après essai de son supérieur hiérarchique, se verra jetée dans la première décharge venue, celui-ci la trouvant « Trop bruyante pour emballer Frida et trop vibrante et inconfortable », ce qui avait tendance à faire exploser les fûts de bière blonde dans le coffre.

Le jeune anarchiste ne lâche pas le bout et décide alors de monter le moteur de l’Audi 80 GTE de 1600cm3, car comme tout un chacun le sait « Si les bords ça ne touche pas, Gisela ne jouit pas ».

Typique petits feux des premières séries

Typique petits feux des premières séries

Le succès est cette fois-ci immédiat et la France, lassée de se trainer les fonds de pantalon dans des 4L sous motorisées, devient cliente d’un quart des commandes de GTi.

Et si on se roulait un trois branches?

Et si on se roulait un trois branches?

Mais les français, bien plus couillus au volant que leurs congénères d’outre-Rhin, passent commande en 1981 à un certain Oettinger d’une version 16s développant 136 bourrins tous frais près à cavaler sur les p’tites départementales. Cette version dopée aux amphèt’ fera le bonheur de 1300 acquéreurs.

J'vais Oettinger ta mère moi!

J’vais Oettinger ta mère moi!

Déclinaisons et prostitution

En 1979, afin de faire bander l’Amérique, la Golf se dévoile et sort découverte. Le cab’ fera fureur jusqu’en 1993 produite par Karmann, que ce soit avec les petits pare-chocs au début, qu’avec les gros ensuite, et ce bien avant l’avènement de Pamela Anderson. Un arceau rigidifie la boite de William Saurin pour éviter la déformation de la structure et permettre aux passagères arrières de pouvoir laisser reposer les « silicone mamelles » sur la barre, cheveux au vent!

golf 1 cabrio

La même année, une déclinaison utilitaire fait son apparation, qui sera baptisée « Caddy » en référence au porteur de sac du joueur de Golf. Toujours dans l’idée de séduire les Ricains, dont la vente de pick-up explosait en ce temps là, on lança initialement la production dans les usines de Westmoreland sous le nom de « Rabbit pick-up ». Ce n’est qu’en 1982 qu’arrivera la brouette sur le marché européen en étant produite dans le fief de la péripathétipute de l’époque, Sarajevo.

Plus sexy que les 4L de la Poste!

Plus sexy que les 4L de la Poste!

En 1982, face à la virilisation de la concurrence et leur fascination pour les carburants impropres, Volkswagen modifie son fidèle 1500 Benzin en l’affublant d’une pompe à injection gazoute et d’un turbo, devant ainsi la Golf TD.

La golf 1 tirera sa révérence en 1983 après la bagatelle de 6 720 000 exemplaires produits (hors cab).
Sa remplaçante à venir aura fort à faire pour détrôner son ainée et entrer elle aussi, qui sait, dans la légende des boites à roulettes.

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crédit photos

carissime.com

golf1-82.skyrock.com/

Wikipédia

groupeschumacher.com

fortisline.fr

2 thoughts on “Golf 1 : Superstar malgré elle.

  1. Je vous remercie pour cet article, personnellement j’adore toutes les golf, et je trouve que la Golf 1 est sublime malgré tout, malgré toute l’évolution technologique.

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